Interview with Gerardo Muñoz, May 20th, 2020.

Inversion Is Not a Strategy

 

[...] In the last months or so, I have had the opportunity to exchange a bit with Camatte, and what follows is are some of his generous responses to my questions surrounding the pandemic that we are currently experiencing. This conversation is an ongoing process, and should be taken as incomplete, insofar as Camatte's thought embodies a melody that accompanies us in this desert.
Gerardo Muñoz

Gerardo Muñoz: I think a good point to start our conversation would be around the emergence of the coronavirus epidemic that is now extending across the world. For some time now, you have reflected on the relationship between “extinction and “enmity” in our species. Does this pandemic confirm your thesis concerning the extinction of the species, after the total crisis of the human community or Gemeinwesen, now fully integrated within Capital?​

Jacques Camatte: Oui je pense que la pandémie COVID19 doit être étudiée en rapport avec le risque d’extinction de l’espèce. Je précise que ce risque a, au fond, deux causes. D’une part la destruction achevée, ou s’achevant de la communau originelle de Homo sapiens, celle qui lui a permis d’advenir. Cette destruction est en rapport à une suite de séparations dont le confinement actuel représente l’état ultime. D’autre part la destruction de la nature. L’état final, celui nous sommes parvenus, est en relation avec la fin du capital (années 1990) c’est-à-dire la fin du rapport social le fondant, lui donnant substance (échange entre un quantum de valeur -au début de capital ensuite, et la force de travail), mais avec autonomisation de sa forme qui est celle de l’incrémentation, corrélative au déploiement de la virtualité, de la substitution de tout naturalité par l’artificialisation. Lors de la mort du capital la communau humaine avait déjà été intégrée dans le capital. On peut préciser que durant un certain moment la communau matérielle du capital s’est substituée à la communau humaine. Mais tout cela est dépassé. Si ce n’est pas assez clair je pourrai revenir à ce sujet.​

My next question is whether the human species can be thought outside of strife—that is, a pre-origin (an-archē) unmarked by the caesurae of enmity. Is the movement of “inversion a way out?​

Dans Glossaire (sur le site) j’indique ceci à inimitié: “Dynamique par laquelle “l’autre” est utili comme support pour présentifier l’ennemi et, de là, initier le déploiement de diverses violences. L’ennemi peut être transitoire, dans le jeu, dans les débats, dans toutes les formes de concurrence. Elle fonde le comportement de l’espèce coupée de la nature.” L’inimitié dérive du fait que l’espèce s’est sentie profondément menacée (rapport à un risque d’extinction) et s’est placée dans une dynamique de protection ce qui l’a conduite à voir dans l’autre un ennemi. Certes il y a des espèces qui sont dangereuses pour l’homme mais ce ne sont pas des ennemies. On doit les éviter non les combattre. Toutefois la notion de combat, de guerre dérive des heurts entre groupements humains à la suite de la fragmentation des communautés, de l’accroissement de la population, du surgissement de l’État, etc… C’est une notion anthropocentrique utilie pour justifier une relation conflictuelle avec la nature. Le apport à l’inversion c’est le fait que l’espèce ne pourra survivre que si elle abandonne totalement la dynamique de l’inimitié (cf. Inimitié et extinction).​

In his forgotten classic,Apocalisse e rivoluzione(1973), Giorgio Cesarano proposed a “biological revolution” as the only possible way to exit the “anthropomorphization of Capital”. In an era in which capitalism has completely been conquered full virtuality and metaphysical equivalence, is this still a possibility?​

Je précise: je considère que le procès révolution est fini et que le capital est mort et que ce qui domine c’est l’autonomisation de sa forme qui permet l’instauration de la virtualité. En conséquence il m’est difficile de prendre en considération l’expression révolution biologique. Je suis obligé de tenir compte de ce que visait Giorgio en la formulant. Je considère que c’est nettement insuffisant car c’est tout le psychisme humain qui doit subir une transformation pour que l’inversion s’effectue pleinement.​

Yes, and to speak of subtraction is to question what we take as ‘reality’. In the 1970s, an Italian Bordigean poet, Domenico Ferla questioned the very constitution of reality as already contaminated by ‘evil’. Is the transfiguration of ‘reality’ the way in which one can access another relation with nature?​

Je ne comprends pas ta questionne t certains mots comme subtraction (soustraction). D’après ce que je comprends je te répondrai non. La réalité c’est celle des hommes et des femmes dans la société et la nature (ce qui en reste), dés lors qu’est- que la transfiguration de la réalité. La question c’est la mise en place d’un autre comportement de ceux-ci et celles-ci.​

There is much talk today about ‘politics’. Everyone ‘demands’ more politics, and everyone is ‘political’. Is “inversion a political strategy, or, on the contrary, is it outside of politics as such?​

L’inversion n’est pas une stratégie elle est totalement en dehors de la politique qui est la dynamique d’organiser les hommes, de les contrôler. On doit abandonner tout ce qui est de ce monde.​

 

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Wehrlos, doch in nichts vernichtet
Inerme, ma in niente annientato
(Der christliche Epimetheus
Konrad Weiß)

 


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